Santé / Diabète : Une étude de la CNAM révèle les risques cardiaques engendrés par Mediator

Les personnes diabétiques traitées en France par le Mediator ont eu trois fois plus de risque de souffrir de cardiopathies vasculaires et quatre fois plus d’avoir une chirurgie valvulaire que ceux prenant un autre traitement, selon une étude réalisée par la Caisse nationale d’assurance maladie et publiée jeudi.

Selon une thèse soutenue il y a quelques mois à l’université de Rennes, et citée jeudi dans le Figaro, le Médiator pourrait être responsable de 500 à 1000 décès en France.

Commercialisé de 1975 jusqu’en novembre 2009, date de son retrait par l’Agence des produits de santé (Afssaps), le Mediator (benfluorex,

laboratoires Servier), fait partie des fenfluramines à effet “coupe-faim”. Il était prescrit à des patients diabétiques en surpoids, mais était pris aussi par des patients désireux de perdre du poids.

Depuis 1997 les fenfluramines sont interdites aux Etats-Unis et en Europe, pour effets indésirables cardiovasculaires rares mais graves, mais en France le Mediator et les génériques basés sur les enfluramines ont échappé à l’interdiction.

L’Afssaps a finalement demandé une étude à la CNAM sur l’association entre la consommation de benfluorex et les valvulopathies cardiaques chez les diabétiques. Cette étude, publiée jeudi dans la revue “Pharmacoepidemiology and drug safety”, a été réalisée sur 1.048.173 patients diabétiques ayant un traitement pour leur maladie, dont 43.044 avaient reçu cette année-là du benfluorex.

Selon l’étude, le risque d’hospitalisation en 2007-2008 pour une insuffisance valvulaire cardiaque en général et pour une insuffisance mitrale en particulier (fuite de la valve mitrale) était trois fois plus élevé chez les patients traités au benfluorex. Il était de quatre fois plus élevé pour une insuffisance aortique (fuite de la valve aortique) et pour une chirurgie de remplacement valvulaire.

Sur la base de cette étude réalisée en 2009, le benfluorex, réservé depuis 2007 en France aux diabétiques en surpoids, a finalement été retiré du marché par l’Afssaps en novembre 2009. L’agence a été vigoureusement critiquée pour sa lenteur à réagir, comme le souligne un livre récent, “Mediator 150 mg”, d’Irène Frachon (éditions-dialogues.fr).

Paris, 14 octobre 2010 (AFP)


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