Santé : Les français très attachés à l’hôpital public symbole d’équité sociale

81% des français se déclarent globalement satisfaits de l’hôpital public. Le 4ème baromètre hospitalier (Le Baromètre TNS Sofres/FHF) relaie l’opinion très positive des sondés à l’égard de l’institution sanitaire et leur attachement à son principe fondateur : l’accessibilité à tous, quel que soit son niveau de revenu. Un enseignement qui conforte la Fédération hospitalière de France alors que s’ouvre la 23ème édition d’Hôpital Expo.

Une évaluation détaillée des différents indicateurs précise les points forts du public à savoir la qualité des soins, l’accueil du patient, la prise en charge de la douleur, les services de chirurgie et la modernité des équipements. Autant d’atouts sur lesquels l’hôpital peut s’appuyer pour conforter sa bonne image.

D’autres réponses ciblent les faiblesses et interpellent les hospitaliers sur la disponibilité du personnel médical, les délais pour accéder aux soins, la qualité de la prise en charge des personnes âgées, les services de maternité et d’urgences.
Des efforts sont également attendus en matière de communication envers les patients. Ainsi, concernant la transparence de l’information transmise au patient et à sa famille, 24% des Français estiment ne pas disposer des renseignements dont ils ont besoin sur le droit des malades et 32% considèrent qu’ils ne l’ont qu’en petite partie seulement. Ces remarques sont motivées par l’expérience individuelle des répondants puisque 67% d’entre eux ont fréquenté l’hôpital au cours des 12 derniers mois.

Trois questions à Cédric Lussiez, directeur de la communication de la Fédération Hospitalière de France. Dans ce baromètre on retrouve de très bons scores et des notes plus critiques.

Ces résultats vous surprennent-ils ?

Cédric Lussiez : Ils correspondent pour une large part à des « fondamentaux » de l’image de l’hôpital public, et confirment l’attachement que lui portent les Français. Dans cette période de crise économique, l’hôpital public est perçu comme un « bouclier », qui doit néanmoins être encore amélioré. C’est le sens des critiques portées, qui s’adressent également pour partie à l’ensemble du système de santé. C’est ce que montre l’exemple des Urgences, où l’insatisfaction exprimée a un lien étroit avec la réponse de plus en plus difficile de la médecine de ville en matière de permanence des soins.

Que répondez-vous au 77% de français qui estiment que les moyens humains et financiers de l’hôpital sont insuffisants ?

Cédric Lussiez : La Fédération Hospitalière de France a régulièrement rappelé les très importants efforts de gestion réalisés par les hôpitaux depuis plusieurs années. Ceux-ci se traduisent depuis 2008 par une suppression nette d’emplois, particulièrement aigue dans certains établissements. A cela s’ajoute un déficit de moyens déjà ancien dans des secteurs comme la gériatrie, si bien que ce chiffre est assez logique.
L’enjeu est également de répartir les moyens alloués par la collectivité d’une manière plus juste, ce qui est bien l’ambition de la T2A.

Selon vous, la qualité des soins est-elle menacée du fait des moyens de plus en plus contraints alloués à l’hôpital ?

Cédric Lussiez : La qualité des soins sera en effet menacée si les hôpitaux fonctionnent avec la même organisation – sans regroupements territoriaux ni mutualisation des moyens ni utilisation des opportunités offertes par certaines évolutions technologiques – mais aussi si ces efforts devaient encore augmenter à l’avenir, dans l’hypothèse où l’on fixerait la progression de l’ONDAM à 2%.


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