Santé / Prévention : Un manuel pour rester vigilant sur les effets nocifs des médicaments

Pour mieux mettre les patients à l’abri des effets indésirables des médicaments, la revue Prescrire édite un petit manuel de pharmacovigilance accessible gratuitement en ligne. Environ 20.000 patients âgés ou invalides décèdent d’effets indésirables des médicaments chaque année en France à l’hôpital, souligne la revue.

Le désastre du Médiator est en partie la conséquence désastreuse de l’insuffisance de la formation des soignants dans ce domaine, explique Prescrire (www.prescrire.org) en diffusant cet outil de formation (79 pages, 7 euros frais de port compris en version papier). D’autres affaires, comme celle de l’anti-inflammatoire Vioxx, rappellent la nécessité pour les professionnels de santé de se tourner vers des sources d’information, indépendantes de l’industrie, pour « d’abord ne pas nuire » aux patients.

Ce « b.a.-ba » sur les médicaments, sans être exhaustif, aborde divers groupes de médicaments courants (psychotropes, antibiotiques, anticancéreux, médicaments cardiovasculaires contre l’hypertension ou les graisses du sang, etc.) et les précautions à prendre. Dans tous les cas, la balance bénéfice/risques doit être prise en compte, et dans ce cadre, la revue conseille la prudence concernant les médicaments récents, en pointant leur prescription « souvent massive », « largement influencée par la promotion des firmes ».

Aux Etats-Unis, 20M de patients ont pris au moins un des cinq médicaments retirés du marché entre septembre 1997 et septembre 1998, selon une étude. En France, 500.000 patients environ ont été traités pour excès de cholestérol, par la cérivastatine (ex-Cholsat, ex-Staltor), retirée du marche en raison de complications mortelles.

Destiné principalement à soulager l’arthrose sans la guérir, l’ex-Vioxx, vanté indûment pour sa prétendue « innocuité digestive » (pas de trou dans l’estomac), a été retiré du marché en 2004 pour excès d’infarctus. Il avait fait l’objet d’une promotion astucieuse « pour bénéficier de l’aura des prescriptions hospitalières » avec un comprimé vendu un centime à l’hôpital, et dix fois plus (environ 10 francs) à la sortie, en pharmacie.

Ce médicament a coûté 125M d’euros à l’Assurance maladie en 2003, à comparer aux 3,5M attribués la même année par l’agence du médicament (Afssaps) aux centres régionaux de pharmacovigilance, chargés de traquer les effets indésirables des médicaments.

Les recherches « au petit bonheur la chance » dans les bases de données courantes (Medline, etc.) ou à l’aide d’un moteur de recherche sur internet n’offrent aucune garantie d’obtenir les informations désirées fiables et actualisées, avertit Prescrire en conseillant notamment un site belge spécialisé (www.cbip.be).

 Paris, 21 nov 2011 (AFP)


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