Assurance Maladie / Mediator : Le « coût pour la collectivité » connu dès 1998

Des médecins de l’Assurance maladie de la région Bourgogne avaient alerté l’Agence du médicament dès mars 1998 dans un rapport du coût très élevé du Mediator pour la collectivité ainsi que de son « efficacité » et de sa « sécurité », souligne lundi le Figaro.

Pour la seule région Bourgogne, la facture pour la Sécurité sociale s’élevait à 4 millions de francs par an, selon ce document adressé à l’Agence du médicament. Les médecins de l’Union régionale des caisses d’assurance-maladie (Urcam) Bourgogne s’interrogeaient également sur « l’efficacité » et « la sécurité » de la molécule des laboratoires Servier.

« Bien que faisant partie d’une liste de substances anorexigènes…le Mediator ne fait pas l’objet d’une prescription restreinte », déploraient-ils. « On ne peut que s’étonner de cet état de fait qui prend une dimension particulière lorsque l’on pose parallèlement la question de l’utilité réelle du Mediator sur un plan médical ».

Ces professionnels de santé recommandaient « un reclassement dans le groupe des amphétamines avec la législation qui s’y rapporte (prescription restreinte) » comme « mesure de premier niveau ».

« Au delà, on peut s’interroger sur la légitimité à rembourser un médicament dont les indications thérapeutiques ne sont pas respectées et ne répondent donc pas à un souci de qualité, de sécurité et d’efficacité », écrivaient-ils.

Le Mediator, médicament destiné aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, a été commercialisé en France de 1976 à novembre 2009, date de son retrait du marché. Utilisé par cinq millions de personnes, il pourrait être responsable d’au moins 500 à 2.000 décès, selon les estimations.

Entre 1999 et 2009, il a coûté 423 millions d’euros à la Sécurité sociale et aux complémentaires santé, selon une note confidentielle de l’Unocam, qui réunit fédérations d’assurances et mutuelles complémentaires santé.

La Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) « fera valoir ses droits » dans les procédures juridiques qui seraient intentées par des victimes du Mediator contre son fabricant, les laboratoires Servier, a souligné samedi le directeur de la Caisse, Frédéric Van Roekeghem.

Paris, 27 déc 2010 (AFP)


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