Assurance / Retraite : L’épargne retraite, la solution d’avenir pour assurer ses revenus ?

Encore modestes en France face aux régimes obligatoires et la retraite complémentaire, les produits d’épargne retraite sont en forte croissance et pourraient connaître une nouvelle accélération du fait des évolutions prévues dans le projet de loi de réforme des retraites.

Fin 2009, l’ensemble des sommes déposées sur l’un des multiples produits existants sur ce marché touffu se montait à 127 milliards d’euros, selon les chiffres de la Fédérations française des sociétés d’assurance (FFSA). Deux tiers environ sont liés à des contrats d’entreprise, le solde provenant de contrats souscrits à titre individuel.

Un montant qui peut paraître important mais qu’il faut ramener aux prestations qu’il a permis de verser à des retraités. En 2008, elles ne pesaient que 2% environ du total des retraites, selon la Drees, le service statistique des ministères sociaux.

Ce poids très modeste est en partie dû au fait que beaucoup de ces produits sont de création récente, comme le Perco (2003), le Perp (2003), le Pere (2003) ou le Madelin (1994), beaucoup de cotisants n’ayant pas encore atteint l’âge de la retraite. “Le ratio entre l’épargne et la retraite est de 25 pour 1” pour un Perco, explique, en outre, Arnaud Sanglé-Ferrière, directeur grands comptes, épargne et retraite collective chez l’assureur Allianz. Cela signifie qu’il faut épargner 25 euros en moyenne pour en recevoir 1 par an une fois à la retraite.

Néanmoins, l’épargne retraite affiche une forte croissance (multiplication par 2,5 des sommes mobilisées en 10 ans), qui s’explique, outre la montée des inquiétudes sur l’avenir du régime obligatoire, par des avantages fiscaux attractifs. Devenu le produit phare de la catégorie depuis sa création en 2003, le Perco bénéficie ainsi d’une exonération de charges et d’impôts pour les versements effectués par l’employeur au bénéfice du salarié ainsi que d’une fiscalité sensiblement réduite à la sortie.

Des amendements déposés par des députés UMP ont été récemment intégrés au projet de loi sur les retraites, actuellement examiné au Sénat, pour accélérer le développement de l’épargne retraite. Ils imposent notamment l’ouverture de négociations de branche pour la mise en place d’un Perco ou d’un Pere (moins avantageux fiscalement) au plus tard fin 2012, lorsqu’un tel dispositif n’existe pas encore.

Autre point phare de ces mesures, la possibilité d’orienter vers un Perco une partie des sommes correspondants à des jours de congé non pris, ainsi que l’élargissement des possibilités de transfert d’un compte épargne-temps vers un Perco.

Quant au Perp, le texte autorise désormais à recevoir jusqu’à 20% du montant épargné dès le départ à la retraite.

Les assureurs accueillent favorablement ces évolutions, qui améliorent la souplesse du dispositif et peuvent renforcer sa popularité.

Mais au-delà de ces nouvelles dispositions, l’essor de l’épargne retraite dépend surtout de la pédagogie autour de solutions souvent perçues, à tort, comme compliquées, selon Dominique Coudert, directeur général délégué de Natixis Interépargne, filiale de Natixis (Groupe BPCE). “Nous avons beaucoup investi dans l’accompagnement des salariés, pour faciliter la compréhension de ces dispositifs” explique-t-elle.

Les produits d’épargne retraite souffrent aussi toujours de la concurrence de l’assurance vie, produit de placement préféré des Français.

Pour Arnaud Sanglé-Ferrière, en matière d’épargne retraite, “le besoin est intégré”, mais “ce qui ne l’est pas, c’est le coût”. Selon lui, seul l’essoufflement des régimes complémentaires Agirc et Arrco, déjà amorcé, et la perte de pouvoir d’achat induite donneront une nouvelle dimension à l’épargne retraite.

Paris, 21 octobre 2010 (AFP)


Laissez votre avis