Les professeurs âgés inquiets des effets de la réforme des retraites

Les enseignants en fin de carrière se disent préoccupés à 90% par un allongement éventuel de leur carrière du fait de la réforme des retraites, selon une enquête, publiée mercredi, du “Carrefour santé social”, qui associe la mutuelle d’enseignants MGEN et plusieurs syndicats.

Selon cette enquête menée par internet en 2008 et à laquelle ont répondu 3.713 enseignants âgés en moyenne de 54 ans (dont une majorité de professeurs des écoles), 90% des répondants se disent “préoccupés, avec la réforme des retraites, de l’allongement éventuel de leur vie professionnelle”.

Concernant la date du départ en retraite, 42,6% disent vouloir “anticiper le moment de la retraite à taux plein”, 37,3% “partir dès la retraite à taux plein”, 8,9% “prolonger l’activité”. 11,2% ne savent pas.

Les professeurs des écoles sont plus nombreux que la moyenne à vouloir anticiper leur retraite.  Et parmi ceux qui veulent partir “dès la retraite à taux plein”, ils sont 85,6% à le souhaiter à cause de “l’usure par le travail”, 80,4% en raison du “stress” et 68,7% pour “raisons financières”.

D’ici leur départ à la retraite, 58% des répondants souhaiteraient bénéficier de mesures d’aménagement de leur temps de travail.

A ce sujet, la plupart des attentes se concentrent sur une réduction du temps de travail, avec le regret de l’ancienne formule de “cessation progressive d’activité” (temps partiel de 50%, rémunéré à 80%), la nouvelle formule étant jugée trop pénalisante en terme de revenus, selon l’enquête. “Si le conflit a été si violent en 2003 dans l’Education nationale sur les retraites, on voit ici pourquoi. Si le gouvernement ne prend pas en compte cet état de fait en 2010, il y aura encore certainement conflit”, a commenté lors d’un point de presse le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.

Par ailleurs, 65% des répondants décrivent leur état de santé comme satisfaisant et 47,2% trouvent leur travail “intéressant”, mais aussi 55,2% “fatiguant” et 43,3% “stressant”.

Les difficultés rencontrées sont surtout liées au comportement de certains élèves (81,6%), au bruit (75,6%) et au volume de travail (72,6%).

Les répondants sont 92% à estimer que l’Education nationale doit développer des actions dans le domaine de la santé et 65% reprochent aux syndicats leur manque d’investissement sur ces mêmes questions. “La perception de la pénibilité est forte, il faudra le prendre en compte” dans le débat à venir sur les retraites, a commenté Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT.

“Carrefour santé social” est un lieu de réflexion et d’échanges, créé en 2005, qui associe la MGEN, les fédérations FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT et les syndicats SNUipp, SE-Unsa, Snes (enseignants) et SNPDEN (chefs d’établissements).

Paris, 9 déc 2009 (AFP)


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