Assurance-vie : Comment gérer ses fonds en unités de compte face à la crise actuelle

Indirectement exposés aux risques de défaut de paiement, les fonds en unités de compte fluctuent en fonction des marchés, volatiles à l’heure actuelle. Une période incertaine qui peut aussi être mise à profit.

Si les fonds en unités de compte ne sont pas directement exposés aux risques de défaut de paiement des pays souverains, ils fluctuent en fonction des marchés, volatiles à l’heure actuelle. Une période incertaine qui peut aussi être mise à profit.

Plus risqués, les fonds en unités de compte peuvent être plus rémunérateurs même s’ils peuvent susciter des moins-values, l’intégralité du risque étant portée par le client. Il n’y a pas de garantie en capital comme pour les fonds en euros. Bien qu’ils soient dépendants des marchés financiers en actions, les fonds en unités de compte subissent également la crise de la dette européenne.

« Les fonds en unités de compte sont indirectement impactés par les risques de défaut de paiement des états : le marché des actions anticipe actuellement une récession qui est due à la crise de la dette », explique Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants et économiste. Côté assureur, la seule conséquence de la crise des dettes souveraines, d’après Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur de Facts & Figures est un risque d’exploitation : « L’assureur prélève des frais de gestion sur les encours en unités de compte en fonction de la valeur du fonds obligataire, et donc les assureurs-vie vont voir une réduction de ces frais prélevés sur les fonds en unités de compte. »

Profiter du creux de la vague pour mieux répartir son portefeuille

Lorsque l’action est au plus bas, Cyrille Chartier-Kastler estime que « mieux vaut être patient  ». Philippe Crevel conseille également de ne pas « vendre sec » ses unités de compte. Toutefois, l’arbitrage, c’est-à-dire l’échange d’actions contre d’autres, peut être envisagé sur des investissements qui étaient déjà faiblement rémunérateurs. « Il peut être intéressant de profiter des opportunités qu’offre la crise financière et de la chute des actions habituellement élevées pour modifier et améliorer la répartition de ses fonds » confie Philippe Crevel.

Ainsi, l’investisseur peut échanger des fonds peu rémunérateurs contre d’autres qui ont un potentiel de croissance beaucoup plus fort », explique-t-il. « D’autant que la valeur des titres très rémunérateurs peut avoir beaucoup plus chutée que les titres habituellement peu rentables puisqu’ils sont moins la cible de spéculations. » En fonction des contrats, il peut être possible d’arbitrer plusieurs fois gratuitement avant que cela ne devienne payant. Cette période peut donc être mise à profit pour troquer des « fonds avariés » contre d’autres qui, alors à bas prix, pourront devenir de bons investissements sur le long terme.

Les bonnes règles de gestion

De manière générale, « la bonne règle lorsque vous investissez sur un contrat multi-supports sur des unités de compte, c’est de le faire avec des versements périodiques, pour lisser le cours d’entrée », conseille Cyrille Chartier-Kastler. Et il ne faut jamais vouloir sortir du jour au lendemain mais toujours anticiper son échéance de sortie pour récupérer son épargne lorsque le cours de bourse n’est pas trop mauvais. » Autre règle basique : « Il faut prendre les plus-values lorsqu’elles sont là. C’est ce qu’on appelle la sécurisation de l’épargne ».

Ces réflexes considérés comme basiques sur les marchés volatiles sont très peu appliqués ou conseillés aujourd’hui : les investisseurs pensent toujours que cela peut monter plus haut. D’autre part, cet arbitrage est moins conseillé par les compagnies lorsqu’il augmente la partie en euros, le fonds général étant moins rémunérateur et beaucoup plus consommateur de fonds propres pour les assureurs.


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