Assurances bagages : ce qu’elles couvrent vraiment

Les assurances bagages n’ont qu’un intérêt limité.  Un passager en avion est déjà couvert par la compagnie aérienne et peut l’être aussi par sa carte bancaire. Et, en cas de perte, il devra présenter toutes ses factures.

A la question “que couvrent exactement les assurances bagages ?”, on serait tenté de répondre “pas grand chose”. Les assurances contre la perte, le vol ou la détérioration des bagages, proposées par les compagnies aériennes, les voyagistes ou encore comprises dans les cartes bancaires, ne coûtent pas très cher mais leur intérêt est, hélas, souvent très limité.

Tout d’abord, parce qu’en cas de perte, l’assuré devra évidemment présenter les factures de ses biens perdus pour être indemnisé. Autant dire que l’assurance n’aura d’intérêt que pour des objets de valeur ou des souvenirs dont a gardé la facture. Et encore, car des plafonds s’appliquent aux objets de valeur.

Par ailleurs, il est important de savoir que ces produits sont des assurances complémentaires. En prenant l’avion, le passager est déjà couvert par le transporteur qui a l’obligation de l’indemniser en cas de perte ou de dommages des bagages. Les assureurs n’interviennent qu’après l’intervention de la compagnie et après déduction de l’indemnité qu’elle aura déjà versé.

Le calcul de l’indemnité de l’assurance bagage ne s’applique donc que sur les sommes que n’a pas remboursées le transporteur et jamais au-delà. Les plafonds de remboursement ne peuvent s’ajouter et dépasser le montant du préjudice.

Indemnisation de la compagnie aérienne

Cette responsabilité des compagnies en cas de pertes des bagages est établie, la plupart du temps, par la Convention de Montréal. Passé un délai de 21 jours, un bagage est considéré comme perdu et peut être remboursé par la compagnie. Celle-ci indemnisera au maximum le passager à hauteur de 1.131 DTS (droits de tirage spéciaux) soit environ, actuellement, 1.300 euros, une fois que le passager aura fait valoir le montant de son préjudice, factures à l’appui.

Les compagnies dont le pays n’a pas ratifié cette Convention suivent la Convention de Varsovie qui permet une indemnisation plus limitée d’environ 20 euros par kilo de bagages.

En cas de détérioration des bagages, le passager doit signaler son sinistre plus rapidement auprès de la compagnie, dans les 7 jours.

Indemnisation grâce aux cartes bancaires

En cas de perte ou détérioration des bagages, les consommateurs peuvent aussi déjà être couverts par leurs cartes bancaires s’ils ont payé le vol avec et s’il s’agit d’une carte haut de gamme : Visa Premier, Mastercard Gold et gammes supérieures.

Les garanties de MasterCard, indiquées sur son site, permettent une indemnisation jusqu’à 850 euros maximum par bagage (1.600 euros par an) en cas de perte, vol ou détérioration. L’indemnisation des objets de valeur ne peut dépasser 300 euros maximum. La carte VisaPremier offre une indemnisation de 800 euros dont 250 euros pour les objets de valeur. A noter : chaque banque peut proposer des gammes d’assurance voyage spécifiques.

Limite de l’indemnisation

Mais, on le comprend, l’assuré atteindra rarement ces montants, vu qu’il est déjà couvert par le transporteur. Ensuite, la valeur de remboursement des biens du passagers diminue avec leur ancienneté. Chez Visa, s’ils ont moins d’un an au moment de la perte, les biens auront une valeur de remboursement égale à la valeur d’achat (sur présentation de la facture rappelons le). S’ils ont moins de deux ans, l’indemnisation atteint 75% du prix d’achat. Puis une décote de 10% s’applique chaque année.

Selon chaque contrat ou banque, des franchises (montant en-dessous duquel l’assuré n’est pas couvert) s’appliquent de l’ordre de 70 euros par préjudice.

En outre, les contrats tiennent compte de nombreuses exclusions. Par exemple, les lunettes, prothèses, moyens de paiement, denrées périssables ne sont pas généralement couverts. Tout comme les biens qui n’appartiennent pas à l’assuré.

L’indemnisation des objets de valeurs est très limitée et les objets précieux ou fragiles comme les instruments de musique ou matériels de sport sont souvent exclus. Pour chaque contrat, veillez à lire ces exclusions. A noter : le passager peut signaler au transporteur aérien des objets précieux qu’il peut assurer en payant un supplément à la compagnie avant de décoller.

L’indemnisation des dommages subis aux biens est aussi limitée s’ils n’étaient pas correctement protégés ou s’ils ont souffert d’un procédé de nettoyage, de mites ou des conditions climatiques.

Enfin, le consommateur devra respecter scrupuleusement les procédures de l’assureur. En cas de perte de bagages, il devra par exemple présenter une attestation de perte de la compagnie, les tickets d’enregistrement des bagages, une liste des objets perdus et leurs factures. L’assuré devra faire parvenir sa déclaration de sinistre à l’assureur dans un délai de 5 à 15 jours selon les assureurs.

Bon à savoir : lors d’un déplacement en train, la SNCF n’a aucune responsabilité quant à la perte des bagages, même étiquetés. Les assurances bagage peuvent couvrir les déplacements en train.


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