Comment sont assurés les bijoutiers en cas de braquage

Harry Winston, Chopard, et plus récemment Chaumet, sont tous des bijoutiers de renom qui ont été victimes de braquages ces derniers mois. Les montants dérobés ont parfois atteint des dizaines de millions d’euros. Une note salée pour les rares assureurs français qui se partagent le marché national.

Le nombre d’agressions dans les bijouteries en France est en forte augmentation. « Nous avons constaté une hausse de 60% des vols depuis 2007 » confie Gérard Drahy, directeur général de Dufaud assurances, un spécialiste de l’assurance des joailliers. « Cette recrudescence des agressions aura des incidences sur le montant des primes pour l’année 2010 » poursuit Gérard Drahy.

Dernière affaire en date, celle du vol à main armée qui s’est déroulé dans la bijouterie Chaumet. Le joaillier parisien s’est fait dérobé 1,9 millions d’euros en pierres précieuses dans la matinée du 13 novembre et devrait rapidement lancer une procédure d’indemnisation. L’assurance contre le vol dans les bijouteries permet aux assurés de se faire rembourser les marchandises volées. Dans la plupart des cas, un expert, mandaté par la compagnie d’assurance, procède à l’évaluation des biens dérobés. Il vérifie également que les circonstances du sinistre n’entrent pas dans le champs des exclusions du contrat souscrit. Une porte laissée ouverte, des conditions de sécurité insuffisantes par rapport aux dispositions du contrat et la bijouterie aura de grandes difficultés pour se faire rembourser.

Dans la grande majorité des cas, les contrats sont dits « tous risques sauf ». Autrement dit, tous les risques sont couverts exceptés ceux explicitement indiqués dans les exclusions. L’assurance couvre généralement le montant du stock de la bijouterie concernée par le contrat. Mais pour être assurables, les compagnies exigent des joailliers qu’ils mettent en place des systèmes de sécurité performants (qualité du vitrage, télésurveillance, alarme…). C’est une obligation contractuelle qui détermine le montant des primes au même titre que les antécédents de la boutique en matière de braquage ou encore sa localisation géographique.

En outre, il arrive souvent que tout ou partie du butin soit retrouvé par les enquêteurs en charge de l’affaire. Les bijoux sont des marchandises très difficiles à écouler sans éveiller les soupçons. « Les règles d’indemnisation prévoient alors deux cas de figure. Si tout le butin est retrouvé avant le versement de l’indemnité, l’assurance ne verse rien ou une compensation si seulement une partie des marchandises a été récupérée. Dans le cas où elles ont été retrouvées après le versement de l’indemnité la compagnie d’assurance devient propriétaire du butin. Le bijoutier est en revanche prioritaire pour le rachat éventuel des biens qui lui ont été dérobés. A charge pour lui de se mettre en relation avec sa compagnie. »


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