François Pérol fait le point sur les 3 premiers mois de la BPCE

Vous avez intégré les groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire depuis fin février, aujourd’hui à l’aube de la fusion, quel bilan dressez-vous ?

En trois mois, je suis fier du travail accompli avec les équipes des deux groupes. Nous nous étions fixé l’objectif de réussir la fusion en 90 jours. Les conseils de la Banque Fédérale des Banques Populaires et de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne ont approuvé le projet de rapprochement et le nouveau groupe est maintenant là.

Justement aujourd’hui, va être révélée au public la nouvelle identité du nouvel ensemble, quels messages souhaitez-vous passer à cette occasion ?

Le nouveau groupe s’appellera BPCE. Nous avons voulu un nom simple dans lequel à la fois les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne puissent se retrouver, mais qui en même temps ne fasse d’ombre ni aux Caisses d’Epargne, ni aux Banques Populaires, qui sont les marques que nos clients connaissent et qui, à l’avenir, continueront de se développer.

Comment vont s’articuler ces deux marques autour du nouvel organe central ?

Notre idée est très simple : deux réseaux, deux enseignes, deux marques chacune selon ses points forts, pas de spécialisation des marques, et un organe central, BPCE, qui sera tout simplement au service de ses actionnaires que sont les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, et qui cherchera à leur rendre le meilleur service au meilleur coût possible.

Pouvez-vous nous dire, quand précisément sera effective la fusion d’un point de vue juridique ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Une assemblée générale des actionnaires des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne se tiendra le 31 juillet, donc juridiquement le nouvel organe central, BPCE, naîtra le 31 juillet. Le lundi 3 août sera le premier jour du fonctionnement du nouvel organe central, et la date importante est celle de ce 24 juin 2009 qui a vu les conseils approuver la fusion.

Quelles garanties pouvez-vous donner sur l’emploi ?

J’ai pris des engagements très clairs auprès des organisations syndicales, en rappelant que la tradition sociale de nos deux groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire était celle du dialogue constructif avec les organisations syndicales et que ce n’était certainement pas celle de plan de départs contraints. J’ai également rappelé aux organisations syndicales que nous ne fusionnions pas les réseaux, les Banques Populaires sur le terrain ne vont pas fusionner avec les Caisses d’Epargne, mais s’il y avait des projets qui devaient nécessiter des adaptations en termes d’emplois, alors nous ferions comme nous l’avons toujours fait dans les deux groupes, c’est-à-dire par le dialogue avec les organisations syndicales et sur la base de départs volontaires, jamais sur la base de départs contraints. Ce n’est pas la tradition sociale de chacun des deux groupes, et ce ne sera pas la tradition sociale du groupe BPCE.

Est-ce que vous pouvez déjà nous révéler quelques grandes lignes de la stratégie du nouvel ensemble ?

BPCE sera d’abord un groupe plus solide financièrement, avec près de 37 milliards d’euros de fonds propres. C’est un ensemble bancaire qui est parmi les plus solides en Europe.

BPCE sera par ailleurs, deux marques, deux réseaux de distribution qui au total formeront le réseau le plus puissant et le plus étendu en France – après celui de La Poste – qui va développer son métier, qui est celui de banque de proximité.

Ce sera aussi l’occasion de mettre davantage au service des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, les filiales que nous avons aujourd’hui en commun, de les mettre davantage au service de leurs clients qui sont clients des deux réseaux.

Un groupe décentralisé fondé sur 37 entreprises régionales autonomes, 17 Caisses d’Epargne et 20 Banques Populaires.

Un groupe qui sera fondé sur les valeurs de l’entrepreneuriat, de l’initiative et de l’esprit d’entreprise et un groupe qui mettra au cœur de son fonctionnement, la recherche de la performance, non pas pour elle-même mais parce qu’elle est la garantie de la pérennité de BPCE et de l’ensemble des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.

Ce sera enfin l’opportunité d’aller plus loin, le moment venu, lorsque nous aurons redressé les comptes du groupe, notamment à l’international pour des développements au-delà de nos frontières.


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