L’assurance, un outil de conquête commerciale

Hyundaï vient de lancer un produit pour le moins original, une assurance chômage incluse dans le contrat d’achat d’un véhicule. De leurs côtés, les voyagistes proposent depuis peu des assurances complémentaires spécifiques pour la grippe A. Doit-on y voir une simple volonté commerciale ou une réelle empathie envers les clients ?

L’assurance rassure le consommateur. Un pléonasme ? Certes, mais il prend tout son sens en ces temps de crise où le pouvoir d’achat est devenu une préoccupation majeure des français. A ce titre, la nouvelle offre d’assurance chômage lancée par le constructeur automobile Hyundaï s’inscrit parfaitement dans cette volonté de rassurer la consommateur pour lui faire franchir le pas de la porte du concessionnaire près de chez lui. Le concept se veut simple. Dans le cas où l’acquéreur d’une Hyundaï tombe au chômage dans les deux ans suivant l’achat de son véhicule, la société reprend à sa charge les mensualités de son crédit, jusqu’à 600 euros ou l’indemnise durant une année pour ceux qui l’aurait acheté comptant. Interrogé sur Europe 1, Jean-Claude Debard, président de Hyundaï France assure que « les acheteurs n’auront rien à payer en plus. Ce n’est pas une option, c’est compris dans le prix du véhicule. » La marque avait déjà testé ce service aux États-Unis en 2008 avec des résultats concluants. Les ventes avaient augmenté de 10%.

Les voyagistes ne sont pas en reste. Face à l’épidémie de grippe A qui touche sans discernement tous les pays du globe, ils ont dû réagir. Jusqu’à récemment, en cas de grippe A, et pour la plupart des voyagistes, aucune mesure de rapatriement n’était prévue (cf. l’affaire Billoux). Mais récemment, les agences de voyage, en accord avec les assureurs, se sont emparées du problème en créant des contrats complémentaires ciblés sur la problématique AH1N1. Désormais, tous les voyagistes ont levé les exclusions liées au risque de pandémie. Résultats, « les clients atteints par le virus de la grippe A à l’étranger sont pris en charge sur place » précise Boris Reibenberg, président de Présence Assistance Tourisme. Cela représente un surcoût pour les tour operators. Et si certains ont fait le choix d’en répercuter une partie sur le prix des voyages, d’autres « l’utilisent comme outil de conquête commerciale en le prenant à leur charge » explique Jean-Marc Rozé, secrétaire général du syndicat national des agences de voyage (SNAV). De fait, l’assurance est devenue un véritable produit d’appel face à des français qui arbitrent de plus en plus entre coût et bénéfice d’un achat.


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