Assurance Auto : Les pièces de réemploi, une bonne solution pour réparer sa voiture ?


Avec la crise, les ménages ont de moins en moins de sous à mettre dans la réparation de leurs véhicules, par ailleurs ils sont aussi de plus en plus sensibilisés à l’écologie et au recyclage. Conscient de ces changements, les assureurs s’intéressent donc de plus en plus à ce marché en développement.

En 2014, environ un million de véhicules ont été envoyés à la casse, or tous ne sont pas inutilisables, certaines pièces sont réutilisables. De fait, une directive européenne exige en effet qu’au moins 85 % du poids d’un véhicule hors d’usage soit désormais “réutilisé” ou “recyclé”.

Dans le cas des voitures, cela veut dire qu’il faut trier les matériaux composant une automobile (métaux, caoutchouc, plastiques, verre…) pour les retransformer en matière première ou en nouveaux produits comme des moquettes, par ailleurs, la directive admet aussi que certaines pièces soient remises en circulation telle quelle. Ainsi, selon le texte jusqu’à 10 % du poids du véhicule peut être “valorisé”, par exemple en servant de combustible dans des cimenteries.

Caréco détient 10 % du marché français et pour Jean-Pierre Labonne, son PDG, ce dernier est en réelle expansion. “La pièce d’occasion ne représente que 2 % de la pièce détachée de remplacement“, explique-t-il, y voyant “un potentiel énorme” de développement, dans un contexte économique général propice à des solutions bon marché. La crise a diminué le pouvoir d’achat des ménages français qui, désormais, y regardent à deux fois avant de refuser une occasion de faire des économies.

Un marché de niche

Les assureurs l’ont bien compris et pour ménager le portefeuille de leurs adhérents, ils s’intéressent de plus en plus au secteur. “Le réemploi est quelque chose d’intéressant pour l’assureur comme pour l’assuré pour la bonne et simple raison qu’une pièce de réemploi vaut entre 30 % et 50 % d’une pièce neuve” révèle Floréal Sanchez,chargé de mission auprès du directeur du pôle IARD de la Macif.  “Un pare-chocs, ça vaut entre 800 et 900 euros, c’est une fortune. D’occasion, ça vaut entre 200 et 300 euros”, confirme M. Labonne. L’autre avantage pour les assureurs et les assurés c’est que cette économie permet souvent de sauver une voiture qui aurait fini à la casse.

Le marché reste encore un marché de niche, en effet “les experts s’accordent à dire que les pièces de réemploi ne représentent que 2 % des pièces disponible sur le marché donc il y a encore une marge d’évolution importante“, explique F. Sanchez. Par ailleurs, seuls 7 % des voitures prises en charge par la Macif lors d’un sinistre bénéficient d’une pièce ou plus de seconde main.

Des problèmes de réassort

Si les assureurs jouent de plus en plus le jeu, c’est parce que selon M. Labonne, “ils ont les problèmes de tous les groupes industriels: un marché qui se dégrade, des clients qui ont de moins en moins de moyens“. Cependant même s’il est moins cher que le marché du neuf, le réemploi rencontre d’ors et déjà des limites.

Dans un premier temps, les pièces les plus demandées sont celles qui sont les plus facilement abîmées en cas de chocs, et donc les plus rares à trouver en bon état sur une voiture à la casse.

Par ailleurs le nombre d’accidents sur les routes temps à diminuer, les Français roulent moins vite et font plus attention, ainsi la masse de matière première des recycleurs tend à diminuer alors qu’en même temps la demande augmente. Donc à terme le secteur risque de rencontrer un problème de réassort.


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