Assurance connectée : La conduite connectée vers une prime d’assurance modulée


Depuis le début du printemps 2014, les assureurs inondent le marché d’applications de conduite plus ou moins semblables. Axa, Allianz, Maaf et Direct Assurance ont chacun lancé une application pour smartphones liée à la conduite, dont le but est d’aider les assurés à mieux conduire. Mais pas uniquement.

Montre-moi comment tu conduis et je te dirais combien tu paieras”, sera probablement, d’ici quelques mois, le nouveau dogme de l’assurance automobile. Le développement d’applications sur mobile permet aux assureurs de mieux capter la réalité du marché d’une part, mais aussi de mieux adapter et moduler leurs produits d’assurance.

Ces nouvelles applications prennent en compte quatre facteurs : la vitesse, l’accélération, le freinage et les virages. Elles attribuent ensuite une note finale qui permet au conducteur de savoir concrètement comment est sa conduite. Reliées au GPS du smartphone, toutes les applications permettent de voir s’afficher les itinéraires avec des indications sur les endroits où la conduite a été dangereuse, mais aussi de recevoir des conseils pour améliorer la conduite.

J’ai vraiment fait des progrès, je suis beaucoup plus calme sur la route” , confie Samuel, 23 ans. “J’ai commencé à utiliser l’application après l’avoir vue à la télé, je me suis dit si je peux apporter ma bonne conduite sur la route pourquoi pas.” Le jeune homme est un conducteur exemplaire, sur son application il maintient sa note entre 95 et 100… sur 100. Il est même arrivé premier du classement de l’application Youdrive en juillet 2014.  “Je trouve que cette application est une bonne chose, si en plus ma bonne conduite me permet d’avoir une réduction sur ma prime d’assurance, c’est d’autant plus motivant”, ajoute-t-il.

Travailler pour la « bonne cause »

Notre but n’est pas de jouer au gendarme, mais de faire baisser le taux d’accidentologie de nos assurés”, fait remarquer Godefroy de Colombe, directeur général de Direct Assurance.

De son côté Yannick Picard, directeur développement durable et RSE chez Maaf met en avant une volonté de pousser les assurés à l’écoresponsabilité et une conduite dite  “propre”. Chez Allianz, Delphine Asseraf, directrice digital chez Allianz France, parle plutôt “d’encourager des assurés à avoir un comportement vertueux”.

Au final le but de toutes les compagnies d’assurance est le même : encourager les assurés à adopter une conduite responsable et ainsi diminuer leur accidentologie. Des conducteurs plus responsables entraineraient une diminution des accidents, par conséquent un allègement des frais pour les compagnies d’assurances et donc une diminution du coût des primes d’assurances. C’est donc “gagnant-gagnant“.

Pourquoi maintenant ?

“Jusque là, les technologies pour développer ce genre d’applications étaient trop onéreuses, mais surtout, les Français n’étaient pas prêts”, partage Yannick Picard.

De fait aujourd’hui, selon un Rapport de PwC, publié par Les Échos, 56 % des Français seraient prêts à communiquer des informations personnelles à leur assureur. Par ailleurs, toujours selon le même rapport 70 % des sondés accepteraient d’installer un capteur de données dans leur voiture ou chez eux. Le marché français est donc mûr pour le “pay how you drive”.

Ça ne sert à rien de sortir un produit trop tôt”, explique Patrick Durand, manager chez Solucom et spécialisé en assurance, “aujourd’hui, on compte déjà près de deux objets connectés par personne et d’ici 2020 les prévisions annoncent six objets par personne. Le marché est mûr et surtout les Français sont prêts à se lancer dans l’aventure contre des réductions de cotisation et sous certaines conditions.”

Et mes données dans tout ça ?

Sur les quatre applications disponibles aujourd’hui, celles impliquant une collecte de données ont nécessité un partenariat avec la CNIL. “Un développement avec la CNIL est un gage de sécurité », indique le spécialiste en assurance. Il prévient cependant « même si la France est un des pays où la loi est la plus très stricte sur la question de la vie privée et la gestion des données personnelles, les assurés doivent bien lire les conditions générales et demander aux assureurs ce qu’ils comptent faire de ces données.”

Côté assureurs ils semblent avoir bien compris cet aspect et Delphine Asseraf avance exprimer “de façon très claire aux clients quelles sont les données que nous récupérons et donc celles que nous ne collectons pas.”

Quelles conséquences sur mon assurance ?

Capteurs embarqués, applications mobiles, géolocalisation… Les objets connectés ouvrent un nouveau champ d’action pour les assureurs notamment sur le développement de produits aux tarifs modulables. “En 2015, nous comptons proposer une réduction de la prime d’assurance pour les conducteurs vertueux” , assure-t-on chez Allianz. Chez Direct Assurance, c’est un autre son de cloche. D’ici 2015, l’application sera couplée à un produit d’assurance qui proposera, en fonction de la conduite, une réduction pouvant atteindre 30 %, ou une pénalité. Godefroy de Colombe, parle d’une offre modulable, “ce sera basé sur le principe du forfait téléphonique admettons sur une annuelle de l’ordre de 1200 euros, mes mensualités sont de 100 euros, si pendant un mois j’ai eu une conduite responsable avec une note proche de 90, alors au lieu de payer 100 euros je vais payer 80 euros, en revanche si j’ai une conduite dangereuse, ma cotisation peut augmenter à 120 euros. Le but est de responsabiliser nos assurés.” La Maaf, quant à elle, étudie encore la question.

À terme les compagnies d’assurance prévoient grâce aux applications connectées de développer des boitiers comme le produit d’Allianz “Allianz conduite connectée” afin de collecter les données. Par ailleurs, le développement de ces applications met en avant une évolution du secteur de l’assurance. De fait elles jugent la conduite de l’assuré et prévoient de moduler les tarifs en fonction de sa conduite. Or aujourd’hui l’assurance auto assure un véhicule et non le conducteur. Dans une période de mutations de la société et des valeurs de consommation, “les assureurs commencent déjà à repenser leurs produits, ils vont devoir opérer une vraie mutation du marché”, conclut Patrick Durand.


3 commentaires sur

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  • Diane Vues :

    Bonjour à vous. Une des phrases de cet article m'interpelle, c'est la raison pour laquelle je me permets de commanter: "Or aujourd’hui l’assurance auto assure un véhicule et non le conducteur". Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. D'une part, la conduite du conducteur, via ses antécédents sinistres a déjà et peut avoir un gros impact sur la prime, et d'autre part, l'assurance auto couvre les dommages corporels (du conducteur entre autre).

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