Dépendance : le gouvernement veut créer un “droit au répit” pour les aidants


Revalorisation de l’APA, aides à l’aménagement du domicile et à l’équipement en domotique, droit au répit pour les aidants notamment : les nouvelles mesures pour lutter contre la perte d’autonomie ont été présentées.

Le gouvernement a détaillé, mardi 3 juin, en Conseil des ministres, son projet de loi sur la dépendance, appelé projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement.

Préparé par l’ancienne secrétaire d’État chargée des personnes âgées, Michèle Delaunay remplacée par Laurence Rossignol, il a été repoussé de deux mois à cause du remaniement ministériel de la fin mars.

Il s’agit d’un premier volet destiné à améliorer les conditions de vie à leur domicile des personnes en perte d’autonomie qui ont parfois besoin d’une auxiliaire de vie ou de l’aide de leurs proches (les aidants). Un second volet concernant les personnes dépendantes en maison de retraite est prévu avant la fin du quinquennat, si la situation budgétaire le permet.

Reprenant l’ambition du premier texte, 645 millions d’euros doivent être mis sur la table pour soutenir financièrement environ 700.000 personnes en perte d’autonomie en France.

Droit au répit

Lors d’un point presse, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a souligné l’arrivée d’une nouvelle disposition “essentielle” avec “le droit au répit devant permettre aux aidants de pouvoir souffler, de partir en vacances par exemple pendant une semaine grâce une dotation“. Ainsi, l’hébergement de la personne aidée dans une structure spécialisée sera financé pour un tarif journalier moyen de l’ordre de 65 euros pendant une semaine.

Le projet de loi prépare aussi des aides techniques pour ceux qui ont besoin de s ‘équiper à domicile avec notamment les solutions offertes par la domotique (appels d’urgence, chemins lumineux, robots…), des aides pour l’aménagement de son logement, une revalorisation des plafonds de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) de 19% en GIR3 et 4 (grille AGGIR) à 30% en GIR 1. La hausse de cette aide devrait permettre par exemple aux personnes dépendantes de bénéficier d’heures supplémentaires d’accompagnement d’une auxiliaire de vie ou de baisser leur reste à charge.

Dans le cas d’un GIR 1, soit une perte d’autonomie totale, un bénéficiaire de l’APA pourra faire appel à une aide à domicile pendant 4 heures par jour totalement financée par la solidarité nationale au lieu de 3 heures actuellement.

“Une réforme sur les rails”

Marisol Touraine, s’est félicitée du lancement de cette réforme qui doit être discutée au Parlement à la rentrée prochaine, taclant au passage l’ancien gouvernement. “Sous la majorité précédente, une loi en faveur des personnes âgées était annoncée tous les 6 mois. Je veux dire que le gouvernement assume ses responsabilités. La réforme est sur les rails“, a-t-elle fait savoir.

La ministre compte sur ce texte pour apporter une garantie aux personnes en perte d’autonomie (17% des plus de 85 ans) “qu’elles pourront compter sur la solidarité nationale“. Le thème des assurances dépendances proposées par les assureurs et mutuelles, et de leur éventuelle régulation par un label public par exemple, ne semble pas en revanche à l’ordre du jour.

Émilie Gardes et Thibaud Vadjoux


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