Assurance obsèques : La Mort vous va si bien


Le marché des pompes funèbres, et par corrélation celui de l’assurance obsèques, affichent une santé à toute épreuve. Avec 550.000 décès annuels en France, la tendance s’annonce pérenne.

Les fêtes d’Halloween et de la Toussaint sont arrivées à nos portes! Comme chaque année, cette période schizophrène, mi-enjouée mi-maussade, est l’occasion de revenir sur un des bons vieux marronniers journalistiques : les obsèques. Analyser la tendance, confirmer l’évidence que le marché ne connaîtra jamais la crise avec plus de 600.000 décès annuels attendus dans 10 ans, suivre les évolutions du secteur… Et en matière de développement, les pompes funèbres savent justement “vivre” avec leur temps.

Les pompes funèbres à l’assaut du digital

Conscients des opportunités que pouvaient représenter la toile, les réseaux funéraires se sont lancés depuis quelques années dans le high digital. Faire-part de décès et condoléances en ligne, choix de cercueil sur tablette, obsèques et cérémonie à visionner en streaming, cybercimetière, tombe connectée par un code QR (Quick Response) qui permet aux proches d’accéder, via une application smartphone, à une biographie poétique, visuelle et mélodique du défunt… En dépit de l’atmosphère délicate qui entoure la thématique, force est de constater que les idées ne manquent pas, et attestent même d’une ingénieux sens de l’innovation, quasi déconcertant.

Les Français, friands des services funéraires avant-gardistes

Et pourtant, loin d’indisposée ou de choquée, cette post-modernité du monde des obsèques séduit. Les Français en sont littéralement friands, même si quelques années seront nécessaires afin que la tendance devienne moins marginale. Et pour cause, ces nouveaux services connectés sont en réalité bien plus accessibles que leur singularité le laisserait penser. Alors que dans leur globalité des funérailles coutent en moyenne 3.500 euros dans l’hexagone, le prix d’un cimetière virtuel oscille entre 50 et 200 euros, le code QR intégré à une sépulture varie entre 100 et 150 euros, et la diffusion d’une cérémonie en streaming s’élève à 250 euros, selon les chiffres compilés par le comparateur assurance obsèques Zen-Obseques.fr.

L’assurance obsèques a également le vent en poupe

Embarquée dans cette tendance par le développement de l’assurance sur internet, la garantie prévoyance obsèques croque également sa part du gâteau. Selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, plus de 3 millions de Français seraient aujourd’hui couverts. “Il y a eu un essor important surtout des années 2007 à 2010 où la croissance était à deux chiffres. Depuis, l’essor est toujours là, mais la progression se situe plus autour de 7% voire 8% par an” explique Didier Rolland, directeur secteur opérationnel chez OGF. La Fédération française des sociétés d’assurances a fait le calcul : “le cap du milliard d’euros de cotisations annuelles vient d’être franchi. Les contrats obsèques sont devenus une manne”. En effet, la couverture, désormais décomplexée et donc plus démocratisée, se révèle être aujourd’hui un véritable business. Sa cible s’est élargie a une population plus jeune, le contrat n’est plus l’apanage des septuagénaires mais interesse dorénavant les 50/55 ans.

Son anomalie enfin réglée

Jusqu’à présent, une tache d’ombre nuisait à la légitimité de l’assurance obsèques. Les contrats dits en capital (75% des contrats), ceux qui offrent le versement d’une somme d’argent à des bénéficiaires après la mort du souscripteur, attestaient d’un préjudiciable vide juridique. De nombreux bénéficiaires cupides détournaient le capital et ne l’utilisaient pas, tel que convenu, pour l’organisation des funérailles du défunt. Aucune réglementation officielle n’interdisait à la personne désignée de disposer de l’argent tel qu’il l’entendait. “Afin d’éviter à nouveau ce désagrément, le 24 juillet 2013 a été votée la Loi de séparation et de régulation des activités bancaires. Elle précise deux points essentiels : le bénéficiaire d’un contrat obsèques doit se servir des sommes perçues pour réaliser les funérailles du défunt, et l’assureur est désormais obligé de revaloriser chaque année le contrat à un intérêt légal, tout en informant le souscripteur” précise Didier Rolland d’OGF.

Avec ce dysfonctionnement enfin réglé, le contrat obsèques devient une machine bien huilée dont la progression n’est pas prête de flancher.


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