Auto / Habitation : Des tarifs d’assurance en hausse en 2014


A défaut des tendances esquissées par les premières annonces tarifaires, les prix des polices d’assurance vont encore augmenter en 2014, en auto mais également en habitation.

La période des annonces tarifaires en assurance est officiellement lancée. La Maif et la Maaf avait déjà ouvert le bal en divulguant leurs orientations respectives en mai et août dernier. Deux communications particulièrement remarquées puisqu’elles avançaient un gel des prix en assurance auto. Entre ces déclarations et la loi Consommation de Benoît Hamon, induisant la résiliation d’assurance à tout moment, les assurés ont imaginé une année 2014 placée sous le signe de la baisse tarifaire. En vain…

Les premières évolutions tarifaires dévoilées

En auto

Lorsque Cyrille Chartier-Kastler, Président de Fact & Figures et créateur de Good Value For Money, annonçait le 4 octobre au micro de News Assurances qu’ “en automobile, nous faisons l’hypothèse d’une hausse moyenne entre 0% et 2%. Vous allez dire que nous nous trompons totalement au vue du gel annoncé par la Maif et les ristournes et les baisses présentées à la Maaf, mais faisons attention, ceux qui communiquent en premier sont ceux qui développeront les politiques les plus agressives“, cela sonnait comme un présage. Les premières tendances tarifaires dévoilées confirment cette intuition.

Pour l’heure, les hausses moyennes communiquées en assurance auto oscillent entre 0 et 2,8%. 0% pour la Maif et la Maaf donc, entre 0,5% et 1,5% pour la Macif (avec effet bonus ou non), 1% pour Swiss Life, 2% pour Generali, et 2,8% pour Axa.

En habitation

Côté MRH (multirisque habitation), Cyrille Chartier-Kastler avait entrevu une progression moins significative, en tablant sur “une hausse moyenne de 3%”. Les récents chiffres révélés font davantage état d’augmentations de l’ordre de 2,5% à 5%. 2,5% pour la Maaf, 3% pour la Maif, 3,2% pour la Macif, 3,5% pour Generali, 4,9% pour Axa et de 4% à 5% pour Swiss Life. Il faut dire que les événements de l’été ont été nombreux et ont pesé sur les assureurs.

Des “hausses injustifiées” selon Assurland.com

Pour justifier ces hausses conséquentes, les assureurs ont plus d’un argument dans leur sac. Une augmentation de 6% en 9 ans de la charge de bris de glace et des sinistres corporels supérieurs à 5M d’euros pour la Macif, des coûts de réparations de 3% à 4% plus lourds pour Axa… Des motivations contre lesquelles s’insurge Assurland qui dénonce des “hausses injustifiées”. Le comparateur indique en effet que “le bilan des tués et des blessés sur les dix premiers mois de l’année 2013 est de – 11,4% et – 7,6% respectivement par rapport à la même période de 2012. Des statistiques exceptionnellement bonnes en matière de sinistralité automobile” qui auraient du inciter une stagnation des prix voire une baisse. Un avis partagé par le président de Fact & Figures qui rappelle que pour les réparations automobiles les assureurs bénéficient de “ristournes grâce à leurs négociations sur la main d’œuvre”. Côté assureur, on parle d’une baisse de la fréquence, mais d’une hausse des coûts. Pour une branche de l’assurance qui peine à trouver son équilibre. A l’heure actuelle, les assureurs paient plus qu’ils n’encaissent en assurance auto et en assurance habitation.

Côté MRH, la situation est toute aussi douteuse. Les assureurs se justifient par la récurrence des aléas climatiques et la croissance des cambriolages. Ce à quoi Cyrille Chartier-Kastler répond qu’il faut “remettre les choses à leur place. Oui il y a eu du climatique en 2013, avec du gel et de la neige en février/mars, des inondations en mai/juin, des orages de grêle en août. Toutefois il faut être réaliste, les hausses de tarifs accumulées pendant pas mal d’années par les assureurs permettent d’absorber globalement entre 800M d’euros et 1Md d’euros de dommages climatiques par an”. “Les prix devraient augmenter en ligne avec l’inflation” conclut Assurland.

La hausse moyenne, un indicateur de moins en moins pertinent

Au fil des années, prendre comme indicateur la hausse moyenne va se révéler de “moins en moins pertinent” prévient Cyrille Chartier-Kastler, en raison d’une segmentation de plus en plus en forte des risques et d’une politique tarifaire toujours plus différenciée. “Selon l’ancienneté des assurés et de leur catégorie de risque, certains vont avoir des hausses de 3%, d’autres de 5%, et encore d’autres vont voir leur prime baisser”. Ainsi, si la prévision de hausse moyenne peut constituer un repère, une tendance, elle ne doit pas être prise pour acquis pour chaque client, qui bénéficiera d’une réévaluation individuelle en fonction de son contrat.


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