Épargne : L’assurance-vie au secours de la dépendance


L’assurance-vie n’a eu de cesse d’évoluer avec la société. Ainsi, aujourd’hui avec le vieillissement de la population, il est fort probable que l’outil d’épargne préféré des Français subisse une nouvelle mutation au profit de la dépendance. 

D’ici 2020, 40 % des Français seront âgés de 60 ans et plus. Un chiffre fort qui pousse les assureurs à réfléchir sérieusement aux questions de dépendance. L’assurance dépendance existe bel et bien aujourd’hui, cependant le produit attire peu et entre 2012 et 2013, il est même en perte de vitesse en passant de 1, 841 million de contrats en 2012 à 1,768 million de contrats (cf tableau ci-dessous).

Les Français préfèrent en fait l’assurance-vie. Il s’agit du produit d’épargne de prédilection des Français. De fait aujourd’hui entre 15 et 20 % d’entre eux disent penser à utiliser leur assurance-vie pour couvrir des besoins de dépendance éventuelle.

Nicolas Schimel, directeur général de l’assureur Aviva France, fait ainsi remarquer qu’en France, “dans l’assurance-vie, entre le besoin ‘retraite’ et le besoin ‘transmission’ commence à s’intercaler dans l’esprit des épargnants la potentielle arrivée de la situation de dépendance.

Cotiser à fond perdu ou en capital?

Aujourd’hui, l’assurance dépendance est très mal quantifiée. Il faut faire attention au fait qu’une couverture de nature prévoyance, donc une cotisation à fonds perdu, permet de bénéficier de l’effet de mutualisation. Cet effet permet qu’une cotisation relativement modeste que l’on verserait pendant longtemps puisse donner une rente dépendance d’un certain niveau “, relève Hervé de La Tour d’Artaise, président de l’Association française des Conseils de gestion de Patrimoine certifiés, qui sont les distributeurs de beaucoup de contrats d’assurance-vie.

Aujourd’hui la question de la cotisation à fonds perdu refroidit les Français. De fait, il est presque impossible de prévoir la dépendance. Ainsi si une personne a cotisé à une assurance dépendance et qu’elle ne tombe jamais en état de dépendance, toutes ses années de cotisations sont perdues. A contrario, l’avantage de l’assurance-vie est de permettre une utilisation des fonds comme pour une complémentaire retraite.

Des produits complémentaires

M. de La Tour d’Artaise met néanmoins en évidence un point important sur l’assurance-vie. “Si on voulait constituer le même type de montant à travers un capital, il faudrait épargner sur son assurance des montants beaucoup plus importants que ce que les clients sont prêts à mettre en cas de prévoyance.” Le président de la CGPC tient néanmoins à préciser qu’il est possible d’associer les deux mécanismes. “Les deux produits sont néanmoins très complémentaires. Le besoin de dépendance ne peut pas être défini à l’avance et donc il faudrait constituer une épargne très importante que peu de ménages sont en capacité de supporter. Les deux approches sont vraiment complémentaires.

Nicolas Schimel, abonde d’ailleurs dans ce sens, selon lui, à terme “quelqu’un qui aurait demain un effort d’épargne à faire en vue de la dépendance pourra probablement bénéficier d’une sortie en rente de mécanisme tout particulier qui tout en restant des mécanismes d’épargne puissent être un petit peu modifiés notamment en cas de sortie dépendance et en cas d’utilisation de rente.

Par ailleurs, il rappelle qu’aujourd’hui “ce type de formules n’existent pas sur le marché. Si ce besoin évoluait, je pense que dans le futur on pourra envisager des solutions mixtes.” L’assurance dépendance pourrait ne pas s’en tenir qu’à la situation des seuls dépendants, selon le directeur général d’Aviva, “des solutions basées sur un calcul de rente ou un calcul destiné à ceux qui ne seraient pas eux même en dépendance pour les aider si des membres de leur famille le sont, pourraient être envisagées. Ceci reste à inventer, car le domaine de l’assurance dépendance est tout de même très largement sous-développé dans notre économie par rapport à nos besoins futurs.


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