Santé / Médicament : L’Actos pourrait déclencher des cancers de la vessie

L'Actos, médicament antidiabétique remboursé à 65% par la Sécurité Sociale, pourrait avoir comme effet secondaire d'entraîner des cancers de la vessie.

L’Actos, médicament antidiabétique remboursé à 65% par la Sécurité Sociale, pourrait avoir comme effet secondaire d’entraîner des cancers de la vessie.

En effet, plus de 40 patients ayant été traités avec ce produits ont été victimes de ce cancer. L’ Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Affsaps), prévenu par des médecins, organise jeudi 9 juin à 10h une réunion consacrée à cette question. Le directeur de l’Affsaps, Dominique Maraninchi, cité dans Le Parisien du 9 juin, nous apprend que le médecin-conseil de la Caisse nationale de l’assurance-maladie (Cnam) présentera « une étude de grande ampleur » au cours de cette réunion. Cette étude porte sur plus de 200.000 personnes, et tente de récolter des données significatives à grande échelle. La Cnam utilise ainsi ses ordinateurs pour recouper les fichiers des milliers de patients hospitalisés pour cancer de la vessie avec les prescriptions d’Actos, et observer si un lien statistique entre les deux émerge. Une décision à propos du médicament sera ensuite prise, qui pourra aller « de l’interdiction du produit à une grande restriction dans son utilisation ».

La revue Prescrire, qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme au sujet du Mediator, met en garde depuis décembre 2010 sur son site internet prescrire.org contre la pioglitazone, qui constitue le principe actif de l’Actos. Le site met notamment en avant que de précédents essais cliniques ont mis en évidence qu’il y avait une « augmentation statistiquement significative des cancers de la vessie avec le pioglitazone ».

L’Association française des diabétiques (AFD) conseille quant à elle aux patients qui prennent actuellement de l’Actos de prendre contact avec le praticien qui les suit. « Il fera ainsi le point au cas par cas avec eux, pour voir s’il faut ou non prescrire un autre traitement », déclare le professeur Patrick Vexiau, diabétologue et secrétaire général de l’AFD, cité dans Le Parisien du 9 juin. En effet, si actuellement le médicament n’est pas interdit, il est recommandé par les autorités sanitaires aux médecins d’être particulièrement précautionneux sur sa prescription. Il faut, avant de prescrire ce produit, « que les praticiens considèrent les facteurs de risques additionnels potentiels de cancer de la vessie, tels que l’exposition au tabac », conclue le professeur.


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