Fraude / Secu : Une infirmière soupçonnée d’une escroquerie à hauteur de 700.000 euros

Une infirmière installée à Condé-sur-l’Escaut (Nord), soupçonnée d’avoir escroqué la Sécurité sociale pour 700.000 euros ces trois dernières années, a été mise en examen mercredi, a-t-on appris de source judiciaire.

« Il est apparu que cette infirmière libérale fraudait les différentes caisses de la Sécurité sociale dans des proportions importantes, le préjudice estimé étant de 700.000 euros », a expliqué Marie-Madeleine Alliot, procureure de Valenciennes.

Déjà poursuivie pour fraude fiscale, cette femme d’une cinquantaine d’années a été laissée libre sous contrôle judiciaire, assorti d’une série de conditions, telle que l’interdiction d’exercer en tant qu’infirmière, d’entrer en contact avec ses anciens patients ou son comptable. L’enquête, entamée en juillet par la police judiciaire de Lille saisie par une caisse d’assurance maladie, a montré qu’elle facturait des actes fictifs, des frais kilométriques indûs, surfacturait et falsifiait des actes médicaux, a ajouté la magistrate.

Il lui est ainsi arrivé de facturer 24 actes pour un même patient en une seule journée, selon Mme Alliot. « Manifestement, elle a agi seule », a déclaré la procureure. Mais « son mari est également mis en cause pour recel d’escroquerie puisqu’il a manifestement profité du produit de ses fraudes, qui leur ont permis de mener grand train de vie ».

Le couple possédait, outre son domicile dans le Nord, des biens immobiliers à Bruxelles, dans le sud de la France et à Paris, des voitures de grosses cylindrées et des comptes bancaires « bien fournis », selon Mme Alliot.

L’infirmière s’est aussi livrée à « des achats de vêtements de l’ordre de 2.000 euros tous les trois jours », a-t-elle précisé. « Nous avons demandé la saisie des biens immobiliers », les comptes bancaires ayant déjà été confisqués. « Il est possible que les fraudes existaient depuis longtemps », mais en raison de la prescription, l’information judiciaire ne peut remonter qu’à trois ans, a poursuivi la procureure.

Lille, 23 nov 2011 (AFP)


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