A quand une réforme de fond de l’Assurance maladie ?

Complémentaires santé et associations regrettent le manque de courage politique qui transparaît dans le budget 2011 de la Sécu. Les problèmes de fond restent en suspend.

Complémentaires santé et associations regrettent le manque de courage politique qui transparaît dans le budget 2011 de la Sécu. Les problèmes de fond restent en suspend.

Avec un déficit prévisionnel de 11,3Mds d’euros pour 2011, la branche maladie de la Sécurité sociale continue de vivre au-dessus de ses moyens. Ce qui fait dire à certains que les mesures du gouvernement pour maîtriser les dépenses de santé ne règlent pas les problèmes. « Elles ne font que déplacer le curseur vers les complémentaires santé » selon Fabrice Henry, président de l’Unocam. Ces dernières vont répercuter ce transfert de charge et augmenter leur tarifs grévant un peu plus le budget santé des familles.

Le saupoudrage du gouvernement ne plaît pas plus aux associations. Selon le Collectif inter associatif sur la santé, le problème de déficits structurels de l’Assurance maladie sont pris à l’envers. « Des dépenses de santé qui augmentent sont signe du développement du pays » insiste Magali Leo, chargée de mission Assurance maladie au Ciss. Les innovations techniques ou technologiques dans le secteur de la santé favorisent en outre cette envolée des dépenses. « Vous pouvez jouer sur l’efficience des soins, mais rogner sur la prise en charge par l’Assurance maladie est un mauvais calcul à moyen et long terme » poursuit Magali Leo.

Agir sur le financement

C’est pourquoi, complémentaires et associations réclament depuis longtemps une réforme de fond portant sur l’organisation des soins en France, mais aussi sur le financement de la branche maladie. « La crise de 2008 a fait perdre 4 points de masse salariale à la France en 2009. Hors un point de masse salariale en moins représente 2Mds d’euros de recettes en moins pour l’Assurance maladie » explique Fabrice Henry. Le financement de l’Assurance maladie repose en effet sur les salaires. Plus le chômage augmente, et moins les caisses sont renflouées.

La santé financière de la Sécu est donc tributaire de l’activité du pays. Élargir l’assiette des recettes de l’Assurance maladie est une piste évoquée pour pérenniser son financement. « Dans le principe tout le monde est d’accord, mais lorsque l’on passe à qui paye et combien, ce n’est plus la même affaire » indique le président de l’Unocam. L’idée du TVA sociale, d’une refonte de la CSG sont explorées. Les échéances électorales risquent toutefois de bloquer les velléités des politiques engagés dans la course présidentielle. La question pourrait toutefois s’inviter dans le débat de la campagne.


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