Dossier : entretien avec Claude Rambaud, présidente du Lien, association d’aide aux victimes d’infections nosocomiales (2ème partie)

    Le Lien est une association fondée par des victimes d’infections nosocomiales. Agréée par la ministère de la santé, elle travaille à l’amélioration de la qualité des soins en milieu hospitalier et à une meilleure information des patients sur le risque infectieux. Claude Rambaud, présidente de l’association dresse un bilan de la situation en France tant sur le plan de son combat contre les infections nosocomiales que sur la prise en charge des victimes.

    Comment travaillez-vous sur le sujet des infections nosocomiales avec le gouvernement ?
    Nous avons demandé à Xavier Bertrand, puis à Roselyne Bachelot, la création de centre de référence sur les infections nosocomiales dans lesquels les personnes gravement atteintes bénéficieraient entre autres d’un accompagnement par des assistantes sociales. A titre d’exemple, les infections ostéo-articulaire sont généralement graves et durent des années avec des douleurs et de gros handicaps. La solution radicale de l’amputation est souvent envisagée. Ce fut notamment le cas de Guillaume Depardieu. Plutôt que de continuer à souffrir, il a préféré se faire amputer. Il en existe beaucoup d’autres dans ce cas.

    Quelle est la place des complémentaires dans la prise en charge des infections nosocomiales ?
    Il y a tellement de régimes de complémentaires différents qu’il est difficile de répondre à cette question. Certaines n’interviennent absolument pas sur ce sujet là. D’autres versent des indemnités en cas d’hospitalisation, mais souvent elles sont souvent limitées dans le temps. Enfin, il existe des couvertures santé excellentes, mais très onéreuses. Elles sont par exemple contractées dans le cadre de l’assurance collective par des entreprises ou alors par des personnes qui ont les moyens. La tendance est tout de même de céder cette prise en charge aux complémentaires santé, sans se soucier de qui est couvert.

    Quel est votre sentiment sur cette participation croissante des complémentaires ?
    Pour ma part, elles représentent une anomalie. En France, nous avons fait le choix de la solidarité en santé. Tout le monde doit avoir accès au soin et d’une façon équivalente. Mais l’abandon au complémentaires, de plus en plus important, que ce soit à travers les franchises, le forfait hospitalier, et bientôt le secteur optionnel, remet en cause ce principe de solidarité. Il y a une place pour les complémentaires, mais sur l’espace de choix et de liberté des individus. Si je décide par exemple de faire un sport extrême, je dois m’assurer sur mes propres deniers contre les risques de mes choix. Je ne dois pas faire peser sur la société, l’égoïsme de mon mode de vie. Autre exemple : il devrait y avoir attaché à l’automobile une complémentaire spécifique. Il n’est pas normal que certaines prises en charge liées à la route repose sur l’Assurance maladie. Je pense notamment à ceux qui sont en tort ou qui conduisent ivre. Il faudrait ouvrir ce débat en France.


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