Dossier : suite de l’interview de Marc Morel sur les négociations concernant la convention Aeras (2nde partie)

Marc Morel est directeur du Comité inter associatif sur la santé (Ciss). Il revient sur les sujets qui seront au menu des négociations prévues pour le mois de décembre sur les modalités d’application de la convention Aeras modifiée. Voici la deuxième partie de son interview publiée hier (cf. lien).

Que proposerez-vous à l’occasion des ces négociations ?
La question de l’invalidité est un vrai point de blocage avec les assureurs. Cela peut se comprendre puisque c’est un risque plus difficile à cerner. Une autre raison vient également du fait que dans bien des cas il raccroche l’invalidité à l’incapacité. C’est pourquoi pour éviter toute confusion, nous proposons par exemple de prendre comme référence « l’invalidité 2eme catégorie » définie par la Sécurité sociale, c’est-à-dire l’incapacité d’exercer une activité professionnelle. Quoi qu’il en soit, nous n’avons reçu pour le moment aucune proposition de la part des assureurs.

Quels seront les autres points au menu des négociations ?
Un autre sujet très sensible concerne le mécanisme de mutualisation qui vise à écrêter les surprimes. Là aussi, on considère que ce qui a été proposé par les professionnels ne correspond pas aux besoins et ne couvre qu’une toute petite partie des personnes. Nous dépassons à peine le millier de personnes sur 3 ans qui ont bénéficié de cet écrêtement. De fait, le mécanisme actuel est trop resserré et nous n’en sommes pas satisfaits. Nous souhaitons un réel écrêtement des surprimes et qui ne se limitent pas qu’à quelques centaines de personnes.

Vous souhaitez en fait vous rapprocher des contrats d’assurance classiques ?
Nous voulons effectivement aller le plus loin possible. Mais attention, nous sommes parfaitement conscients que lorsqu’une personne présente un risque aggravé, par définition, elle n’est pas en bonne santé. Cependant la convention Aeras ne concerne que des les personnes qui exercent une activité professionnelle. Ce qui est malgré tout un indicateur d’une stabilisation de l’état de santé. Évidemment le risque pour les assureurs reste plus important puisqu’il existe une pathologie. Mais nous ferons entendre notre voix à l’occasion des négociations. Car pour nous, c’est une question d’insertion des personnes ciblées dans nos sociétés. Il est impensable aujourd’hui d’exclure un individu d’un projet personnel ou professionnel parce qu’il ne peut pas avoir accès au crédit. Il est donc impératif de diminuer les montants des surprimes qui dans certains cas sont vraiment prohibitifs.


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