Epidémie grippe A : Un rapport « pour faire mieux la prochaine fois »

Des vaccins unidoses, une expertise que l’on surveille, des généralistes que l’on implique : un rapport parlementaire suggère des mesures à prendre en prévision d’une nouvelle pandémie, de type grippe, pour « remédier aux dysfonctionnements apparus » cet hiver et susciter l’adhésion des citoyens.

Le député UMP Jean-Pierre Door et la sénatrice Verts Marie-Christine Blandin ont présenté mardi le rapport final de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur la mutation des virus et la gestion des pandémies.

Ce rapport a été élaboré après une analyse d’un an de la gestion des pandémies, en France et ailleurs, et particulièrement celle de la grippe H1N1. Ils demandent au premier chef une meilleure fiabilité des données qui aident à la décision, avec « un peu de sérieux dans leur collecte », selon Mme Blandin et une “permanence des moyens publics affectés à la recherche”.

Il faut aussi « adapter la réaction », revenir à une phase « moins théorique, moins dramatique » : reprendre la définition de la pandémie, promouvoir les vaccins unidoses, moderniser la communication « en la rendant plus interactive et plus souple ».

Pour l’expertise, montrée du doigt au plus fort de la pandémie de grippe, le rapport espère la mise en place de l’instance prévue par le Grenelle I, restée dans les limbes, et qui garantirait sa transparence et sa déontologie.

Avec les laboratoires, « il faudra introduire dans les contrats des clauses claires de renégociation », dit le rapport. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est particulièrement ciblée. Il conviendrait d’exiger d’elle “davantage de transparence et de distance vis-à-vis des firmes pharmaceutiques ». « Les décisions de l’OMS sont de moins en moins compréhensibles », estime le rapport. L’OMS, souligne M. Door, ne doit pas « rester dans sa tour d’ivoire » mais tâcher de « redonner confiance » à l’opinion publique en prévision des futures crises.

Enfin, pour « mieux prendre en compte la société » et mieux l’informer, le rapport suggère de l’ « associer au doute et au savoir dès le départ ». Les deux rapporteurs divergent sur la gestion gouvernementale de la crise. « Je vois mal un autre gouvernement faire différemment », estime M. Door, tandis que Mme Blandin pense qu’il y a eu « un climat de vigilance exacerbé » et une « démesure ». « On a choisi le scénario du pire uniquement pour la commande de vaccins » alors qu’ « on choisit le scénario du moindre pour fermer des maternités et des lits d’hôpitaux », a-t-elle noté.

Elle a incriminé la gestion « autoritaire » du ministère de l’Intérieur, avec mise à l’écart des généralistes. Tous deux se sont dits en faveur d’un pilotage unique, confié à la Santé pour Mme Blandin (en s’appuyant sur le ministère de l’intérieur), et à l’Intérieur pour M. Door, qui voudrait une « cellule de crise » susceptible de répondre à « toutes les crises ». Deux commissions d’enquête (Assemblée nationale et Sénat) doivent remettre leurs rapports sur la grippe, respectivement le 15 et le 28 juillet.

Paris, 29 juin 2010 (AFP)


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