Réforme retraite : La fin de la retraite à 60 ans entérinée en commission à l’Assemblée

La fin de la retraite à 60 ans (passera de 60 à 62 ans en 2018) a été entérinée mercredi par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, qui a poursuivi ses travaux en présence d’Eric Woerth, appelé à s’expliquer bientôt devant la police dans l’affaire Bettencourt.

A la sortie d’une des réunions à huis clos de la commission, le ministre du Travail a ainsi été avant tout interrogé sur le feu vert donné par le Conseil des ministres à sa prochaine audition dans l’enquête conduite par le parquet de Nanterre.”Une procédure normale”, a-t-il commenté avec flegme, alors que les députés de gauche le trouvent fatigué, voire agacé, au fil des longues heures de travaux en commission, programmés jusqu’à jeudi.

M. Woerth a presque paru surpris lorsque la presse lui a posé une question sur le fond de sa réforme, à savoir une mesure en faveur de la retraite par capitalisation. Il a donné son aval à un amendement UMP qui vise à placer au moins 50% des sommes perçues par un salarié au titre de la participation dans un Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco). La copie presque conforme d’une proposition du Medef envoyée il y a un an à Nicolas Sarkozy.

Les débats se sont accélérés dans l’après-midi avec le vote de la mesure-phare: le recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite, qui passera de 60 à 62 ans en 2018. L’exécutif est inflexible sur cette mesure, la plus contestée par les syndicats. Ces derniers ont prévu une journée de mobilisation le 7 septembre, lors de l’examen du projet de loi en séance publique.

“Si le gouvernement persiste, je crains que la mobilisation ne soit extrêmement forte”, juge Marisol Touraine (PS). Le PS, qui défend la retraite à 60 ans instaurée par François Mitterrand en 1983 sans en faire un “dogme”, s’est retrouvé la cible d’attaques croisées en promouvant sa “retraite choisie”. “Nous réaffirmons notre attachement à l’âge légal de départ en retraite à 60 ans”, a déclaré Mme Touraine. “Nous considérons cependant qu’il faut inciter les Français qui le souhaitent et qui le peuvent à travailler plus longtemps”.

La majorité a approuvé dans la foulée le passage progressif de 65 à 67 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein, quel que soit le nombre d’annuités de cotisations. Cette mesure braque la gauche, les villepinistes et François Bayrou (MoDem): “On cible directement les femmes qui ont eu des carrières hachées. C’est entre 300 et 400 euros de retraite de base en moyenne pour ces personnes”, s’insurge Mme Touraine.

La commission a par ailleurs rejeté un amendement de Chantal Brunel (UMP), qui voulait maintenir à 65 ans la retraite à taux plein pour les mères d’au moins deux enfants. Amendement pourtant adopté la veille en commission des Finances.

Le gouvernement a accepté, via un amendement, de rembourser intégralement les trimestres dont le rachat par les salariés est rendu inutile par le report de l’âge légal.

En fin d’après-midi, la gauche a dénoncé “l’hystérie anti-fonctionnaires” des députés UMP, dont les amendements visant à durcir la réforme pour la fonction publique ont toutefois été repoussés.

Paris, 23 juillet 2010 (AFP)


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