Automobilistes, pourquoi ne s’assurent-ils plus?


Selon les dernières statistiques du Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), entre 350.000 et 700.000 conducteurs non assurés circuleraient sur les routes de l’Hexagone. En tout, 13% des Français se déclarent prêts à courir le risque de l’absence de protection, principalement pour raison économique.

Selon le rapport d’activité 2012 du FGAO, le Fonds de garantie des assurances obligatoires, la non-assurance en automobile gagnerait d’année en année plus de terrain. “Cette tendance à la hausse vient aggraver l’estimation réalisée en 2011 d’une fraction située entre 1% et 2% des véhicules en circulation, soit entre 350.000 et 700.000 pour les seules automobiles […] Le FGAO estime que 60% [des non assurés] ont entre 18 et 35 ans” explique le document. Un constat corroboré par l’enquête Macif/OpinionWay “les Français et leur assurance automobile”. Le baromètre révèle que 28% des jeunes automobilistes pourraient envisager de conduire sans assurance quand 9% le feraient certainement. Tous âges confondus, ce sont 13% des répondants qui se déclarent prompts à courir le risque.

L’assurance, trop lourde dans le budget auto des Français

Selon les sondés, le poids de l’assurance serait trop important dans leur budget. Ils chiffrent en effet à 912 euros la dépense annuelle moyenne pour leur véhicule (hors achat/crédit ou essence…), dont 63% est occupé par l’assurance (532 euros en moyenne). Si les résultats sont déjà éloquents, ils deviennent plus significatifs en regardant la valeur réelle du budget auto des Français. Mal apprécié par les répondants, il s’élève davantage à 1.405 euros par an, selon une enquête réalisée en juin 2013 par l’Automobile Club de France.

Ainsi, le prix trop élevé de la couverture annuelle serait l’explication principale au phénomène de non assurance. D’autant plus que les tarifs augmentent d’année en année, surfant sur le coefficient de majoration bonus-malus et la revalorisation en fonction de la sinistralité globale. Un problème régulièrement rencontré par les conducteurs trop “malussés”, qui sont contraints de souscrire des contrats atteignant parfois le double d’une assurance classique.

Des automobilistes négligents

Au delà d’une cause tarifaire, l’aggravation de la non assurance puise également une de ses sources dans un certain développement de la négligence. Avec le durcissement de la réglementation en matière de radars et d’infractions routières, nombreux sont les automobilistes à se voir vidés petit à petit de l’intégralité de leur stock de points. La suspension ou l’invalidité de leur permis ne les empêche moralement pas pour autant de continuer à circuler. Par obligation ou par confort. Et, en toute logique, pourquoi s’assurer quand on roule déjà sans permis en toute illégalité ?

Le risque de la non assurance en cas d’accident

Beaucoup de conducteurs non assurés se déculpabilisent des conséquences éventuelles en pensant au FGAO. En effet, le Fonds de garantie indemnise les victimes d’accidents engendrés par des automobilistes non couverts. Cependant, ces usagers peu scrupuleux occultent la plus grave dimension de cette substitution. Après avoir dédommagé les lésés, le FGAO se retourne vers les responsables pour demander réparation financière. Une réclamation peut couter des dizaines voire des centaines de milliers d’euros. De quoi laisser un automobiliste endetté pour le restant de sa vie.


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