Mediator : déjà plus d’un millier de dossiers d’indemnisation validés

Le collège d’experts indépendants qui instruit les demandes d’indemnisation des victimes du Mediator a déjà rendu 1.078 avis positifs d’indemnisation et bouclé l’examen de 3.670 dossiers sur un total de plus de 8.700 demandes, selon un nouveau bilan de l’Office national d’indemnisation des accident médicaux (Oniam).

Le bilan confirme la forte progression” des dossiers traités, souligne l’Oniam dans un communiqué, tout en émettant l’espoir que les 5.000 dossiers restants auront abouti à des décisions d’ici fin 2016.

Le Mediator (molécule: benfluorex) produit par le laboratoire Servier a été prescrit pendant 30 ans, d’abord contre l’excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant pour les diabétiques en surpoids, avant d’être retiré du marché en novembre 2009. Il était de fait largement utilisé pour ses propriétés de coupe-faim.

Utilisé par cinq millions de personnes en France, le Mediator pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise judiciaire.

Mis en place en 2011, le dispositif d’indemnisation à l’amiable des victimes du Médiator via l’Oniam a démarré très lentement, avant de s’accélérer l’an dernier.

Au 27 février dernier, 2.332 demandes ont été rejetées parce qu’elles ne concernaient pas les deux pathologies pour lesquelles la responsabilité du Mediator est reconnue, à savoir une atteinte des valves cardiaques ainsi qu’une forme d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP).

183 demandes ont été rejetées à cause d’une durée d’exposition insuffisante ou faute d’avoir pu prouver que le médicament avait bien été prescrit, trois parce que les personnes n’avaient pas qualité pour agir auprès de l’Oniam. 74 ont fait l’objet d’un désistement.

Pour la seule année 2014, 86% des dossiers examinés concernant une pathologie potentiellement liée au Médiator ont abouti à des avis d’indemnisation positifs.

Selon l’Oniam, le laboratoire Servier suit les avis favorables d’indemnisations émis par le collège d’experts, mais les associations de défense des victimes déplorent régulièrement l’insuffisance des offres.

L’office reconnait également que plusieurs centaines de dossiers n’ont pu être instruits “à ce stade faute d’être complets” : les lacunes concernent soit des preuves de l’exposition au Mediator, soit des pièces médicales (échographies cardiaques, compte rendus opératoires).

En décembre dernier, le ministère de la Santé a proposé de réexaminer certaines demandes d’indemnisation déjà rejetées, pour prendre en compte l’évolution des connaissances scientifiques.

L’Oniam précise que cette disposition sera introduite dans la loi de santé qui sera débattue au Parlement à partir d’avril prochain.


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