Jugement AIG: les actionnaires s’estimant lésés font appel

Les actionnaires d’AIG qui s’estiment lésés par la nationalisation provisoire du groupe d’assurances pendant la crise financière ont annoncé mardi qu’ils faisaient appel de la décision de justice qui ne leur a pas accordé de dédommagements.

“Les plaignants vont faire appel du jugement qui a affirmé qu’il n’y avait pas de compensation à la conduite illégale du gouvernement”, affirme un communiqué de la société Starr International regroupant les anciens actionnaires d’AIG dont l’ex-dirigeant Maurice Greenberg, 90 ans. Le groupe Starr, basé en Suisse, “demande à la cour d’appel de confirmer que le gouvernement ne peut pas garder dans sa poche les milliards de dollars provenant des contribuables”, ajoute le communiqué.

Lundi, concluant des semaines de procès, un juge de Washington a donné raison aux plaignants décidant que L’Etat américain n’avait pas le droit de nationaliser le grand groupe d’assurances AIG en 2008. Mais il a jugé dans le même temps que l’Etat n’avait pas à dédommager les anciens actionnaires mécontents.

En exigeant 80% du capital du groupe en échange d’un prêt massif à un taux d’intérêt très élevé en septembre 2008, le gouvernement est parvenu à sauver le groupe de la faillite et évité une perte économique aux actionnaires d’AIG, a estimé le juge Thomas Wheeler.

“Le tribunal a reconnu qu’en exigeant des actionnaires d’AIG de céder 80% de leurs actions (…) le gouvernement s’était enrichi de façon inappropriée de plus de 23 milliards de dollars”, affirment encore les plaignants.

“Bien sûr, nous sommes satisfaits du jugement qui conclut que la Réserve fédérale” en charge du sauvetage d’AIG “a agi de façon illégale”. Mais, ajoutent-ils, “avec tout notre respect, nous nous opposons à la conclusion du tribunal qui affirme qu’il n’y a pas de réparation pour cette action illégale du gouvernement”.

En septembre 2008, pour sauver le plus grand groupe d’assurances américain alors que la panique financière battait son plein, la Fed avait accordé un prêt de 85 milliards de dollars, assorti de taux d’intérêts très élevés (autour de 14%), moyennant la prise de contrôle de 79,9% du capital d’AIG.

Les injections de fonds publics dans AIG avaient par la suite fini par atteindre 182 milliards de dollars. Le groupe, qui ne participe pas à la plainte en nom collectif rassemblant 275.000 porteurs d’actions d’AIG à l’époque, a ensuite remboursé l’Etat et est retourné dans le secteur privé. La Fed pour sa part a réagi lundi à la décision du juge affirmant croire “fermement que ses actions durant le sauvetage d’AIG au plus fort de la crise financière de 2008 étaient légales, appropriées et efficaces”.

Dans un communiqué, le Trésor a également répété que l’action du gouvernement “n’avait pas lésé les actionnaires”. “Nous ne sommes pas d’accord avec la conclusion du tribunal sur l’autorité légale de la Réserve fédérale et nous continuons de croire que le gouvernement a agi dans la limite de ses compétences”, insiste le Trésor.

Pour le compte de l’Etat, le département de la justice n’avait pas indiqué mardi s’il faisait appel de cette décision partagée, affirmant seulement “étudier la décision” pour l’instant.


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