Actualité : Apéro Facebook, qui est responsable ?

Depuis plus de 6 mois, le phénomène des apéros géants organisés via Facebook se multiplie dans les grandes métropoles de France. Pourtant, un jeune homme de 21 ans est décédé hier à Nantes. L’individu qui, la veille au soir, participait à l’évènement, avait consommé beaucoup d’alcool (2,40g/l dans le sang). Il est mort après avoir chuté d’un pont. Ce drame soulève donc la question de la responsabilité et du coût de tels rassemblements, car ce genre de manifestations regroupent à chaque fois plusieurs milliers de personnes.

Le drame s’est produit hier soir à Nantes, en marge d’un apéro géant organisé via le site communautaire Facebook. Un jeune homme de 21 ans est mort après être passé par dessus la rambarde d’un pont. Alcoolisé, ce dernier est tombé de 5 mètres sur la tête, il est décédé de ses blessures à l’hôpital hier matin. Ces regroupements organisés sur la toile se multiplient pourtant de plus en plus, sans vraiment d’organisation, ni de responsables… Interrogé sur France info, Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes, estime que ces apéros géants sont «un problème national».

Car les autorités sont très frileuses face à ce genre de manifestations qui tournent souvent à la « beuverie ». En effet, ce sont des milliers de personnes qui se retrouvent à consommer de l’alcool sur la voies publique, les préfectures sont alors obligées de déployer secours, forces de l’ordre sans qu’aucun responsable officiel ne soit désigné. On peut également parler du nettoyage et des dégradations constatées dans ces rassemblements, ou encore des toilettes publiques et des conteneurs à verre installés pour l’occasion, la grande question est de savoir qui paye la note ?

En règle générale ce sont les organisateurs qui sont tenus pour responsables de ce genre de manifestation. Mais le problème de Facebook est qu’il est très difficile de retrouver les instigateurs de ce genre de regroupements, souvent cachés derrière des pseudos ou de fausses identités. Le phénomène n’a pas vraiment de cadre légal et c’est ce qui inquiète les préfectures souvent obligées de gérer le phénomène par la force des choses. A Montpellier par exemple, le dernier apéro Facebook a rassemblé mercredi soir (en même temps qu’à Nantes) près de 10.000 personnes. Sans avoir pu désigner de responsable de la manifestation, contraint et forcé de devoir protéger la population, le préfet à estimé la note à 60.000 euros sans compter les dégradations. « Nous nous sommes contentés d’assurer au mieux la sécurité de nos concitoyens, mais avec quelques interpellations et de nombreux incidents dus à l’alcool, c’est un bilan mitigé », estime la préfecture de l’Hérault qui subit plus qu’elle ne contrôle le phénomène.

C’est donc bien le contribuable qui paye les pots cassés de ces manifestations et les pouvoirs publics ne se réjouissent pas de ce phénomène. Face aux trop grands risques de ces fêtes géantes et aux nombres de comas éthyliques constatés, les maires sont évidemment sur la défensive. Un nouvel apéro Facebook est d’ailleurs prévu en juin dans la ville rose, « face au débordement prévisible de cet événement à Toulouse, Pierre Cohen a écrit au Préfet de la Haute-Garonne pour lui faire part de sa vive inquiétude quant aux conséquences de ce rassemblement en terme de santé publique et de sécurité. Le maire demande au Préfet d’examiner favorablement la possibilité d’interdire cette manifestation » indique la ville de Toulouse dans un communiqué.


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