Jean Le Cam se fait saborder par ses assureurs

En procès contre les courtiers d’assurance de son bateau, le navigateur Jean Le Cam a été débouté hier par le tribunal de commerce de Paris. Le skipper qui avait perdu son bateau lors de la dernière édition du Vendée Globe s’attendait pourtant à un jugement favorable.

Rappel des faits: au début du mois de janvier dernier, Jean Le Cam chavire au large du cap Horn avec son monocoque rose aux couleurs de « VM Matériaux ». Le bateau est retourné et le bulbe de la quille a disparu. Son concurrent Vincent Riou, vient alors à son secours, mais lors du sauvetage, le bateau « PRB » de ce dernier subit aussi des dommages importants avec un démâtage quelques heures plus tard. Les deux marins du Finistère sont alors contraints à l’abandon.

La marine chilienne demande alors à Jean Le Cam de couler son bateau retourné car il représente un danger pour la navigation. Le marin refuse, «C’était mon bateau, je ne pouvais pas leur dire oui», de plus il estime que c’était à l’assureur de prendre la décision. «VM Matériaux» a-t-il coulé, on ne le saura jamais, mais le dossier d’expertise établi après le chavirage a été déposé auprès de l’assureur . Ce dernier accepte alors le statut de « perte totale » pour lequel il couvre entièrement le bateau et annonce qu’il paiera. La somme du dédommagement total doit donc s’élever à 1,5M d’euros. Mais Jean Le Cam qui est propriétaire du bateau, et qui a un emprunt à hauteur de 600.000 euros sur les bras, ne voit rien venir de la part de son assureur. Le marin assigne alors en référé les courtiers qui avaient placé le risque chez un assureur russe.

Pourtant, contre toute attente le tribunal de commerce de Paris a rendu un jugement défavorable pour le skipper concernant ce dossier d’assurance. Le service de presse du marin déclare «Nous savons juste que nous avons été déboutés de notre demande contre les deux courtiers d’assurance Siaci, filiale de la Financière Edmond de Rothschild et AMTM (Assurances maritimes et transports mader). Sur les plans techniques et juridiques, nous, nos avocats comme ceux de la partie adverse, sommes abasourdis par cette décision». Le coup est dur pour Jean Le Cam, qui espérait une décision favorable afin de rembourser son prêt et réinvestir dans la construction d’un bateau neuf.


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