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Vol AF 447 : les causes du crash restent inconnues selon le 2ème rapport du BEA

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), chargé de l’enquête sur le crash de l’A330 d’Air France, a recommandé jeudi de changer les normes de certification des sondes Pitot, jetant une nouvelle ombre sur la fiabilité de ces instruments défectueux sur l’appareil accidenté.

“Les tests destinés à la validation des sondes Pitot ne paraissent pas adaptés aux vols à haute altitude”, indique-t-il.

Les sondes Pitot servent à mesurer la vitesse de l’avion par rapport à l’air, un élément essentiel à la conduite du vol. “Le phénomène d’incohérence de mesure de vitesse a été lun des éléments d’une chaîne d’événements ayant conduit à l’accident, mais ne peut l’expliquer à lui seul”, réaffirme le BEA dans son deuxième rapport d’étape.

Plus de six mois après la catastrophe qui a fait 228 morts entre Rio et Paris le 1er juin, le BEA émet ainsi ses premières recommandations de sécurité.

“Le BEA recommande à l’AESA (Agence européenne de sûreté aérienne) de faire conduire des études pour déterminer avec une précision suffisante la composition des masses nuageuses à haute altitude et en liaison avec les autres autorités de réglementation, de faire évoluer, à partir des résultats obtenus, les critères de certification”, dit-il dans son rapport.

Des syndicats de pilotes d’Air France avaient déjà demandé fin juillet une modification des normes de certification des sondes Pitot. Ils jugeaient les normes actuelles obsolètes et plus adaptées aux conditions de vol actuelles, à des altitudes élevées, où la température est très basse.

Le BEA constate que “les critères de certification ne sont pas représentatifs des conditions réellement rencontrées à haute altitude, par exemple en matière de températures”.

“De plus, il apparaît que certains points, la taille des cristaux de glace au sein des masses nuageuses par exemple, sont mal connus et qu’il est difficile, de ce fait, d’évaluer les conséquences qu’ils peuvent avoir sur certains équipements, notamment les sondes Pitot”, ajoute-t-il.

Cette recommandation intervient alors que l’avionneur européen Airbus le 31 juillet, l’AESA, le 10 août, puis le Bureau américain de la sécurité des transports (NTSB) le 2 septembre, ont ordonné aux compagnies aériennes le remplacement sur leurs Airbus A330 et A340 des sondes Pitot du groupe français Thales par des sondes produites par l’américain Goodrich.

Ce sont en effet des sondes Thales qui étaient défectueuses lors du crash Rio-Paris. Très vite, ces dernières ont été mises en cause par plusieurs syndicats de pilotes après l’accident de l’AF447.

Le BEA estime toujours qu'”en l’absence de données issues des enregistreurs de vol, de l’essentiel des éléments de l’avion et de tout témoignage sur le vol, les circonstances exactes de l’accident et a fortiori ses causes, ne sont toujours pas déterminées”.

Il affirme que l’avion n’a pas connu de “dépressurisation en vol” et était “probablement entier à l’impact”.

Dans son rapport présenté jeudi, il répertorie 32 incidents survenus sur des A330/A340 entre le 12 novembre 2003 et le 1er juin 2009 provoqués par des vitesses erronées communiquées par des sondes Pitot – Thales et dans un cas, Goodrich – dans des “conditions décrites comme givrantes” par l’équipage.

Concernant l’indemnisation des ayants droits, aucune autre information n’a été délivrée depuis l’article paru sur notre site le 17 novembre dernier.

Pour rappel l’indemnisation des familles des victimes de crashs aériens incombe aux transporteurs en vertu d’une convention internationale, même s’ils n’ont commis aucune faute avérée. Il s’agit de la convention de Montréal (Canada), qui date de 1999 et a été transposée en droit français par un décret du 17 juin 2004. Elle a été signée par 91 pays, dont le Brésil et la France. Cette convention prévoit que les ayants-droit peuvent bénéficier d’une avance sur indemnisation d’environ 17.600 euros par victime.

A ce jour, 159 des 216 familles ont bénéficié de cette avance, ce qui porte l’enveloppe totale allouée à 2,8 millions d’euros environ.

Paris, 17 dec 2009 (AFP)


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